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Les Bourses reculent à mi-séance, Téhéran durcit sa position face à Washington
information fournie par Reuters 21/05/2026 à 13:46

Siège du LSEG (London Stock Exchange Group) à Londres

Siège du LSEG (London Stock Exchange Group) à Londres

par Diana Mandia

Wall Street est attendue dans le rouge et les Bourses européennes sont passées brusquement en territoire négatif à mi-séance, les informations ‌faisant état d'un durcissement de la position de Téhéran concernant le stockage d'uranium enrichi sapant les espoirs d'une résolution rapide du conflit au Moyen-Orient.

Les futures sur indices new-yorkais signalent une ouverture en baisse de 0,28% pour le Dow Jones, de 0,34% pour le Standard & Poor's-500 ​et de 0,5% pour le Nasdaq.

À Paris, le CAC 40 perd 0,45% à 8.080,79 points vers 11h12 GMT. À Francfort, le Dax recule de 0,47% et à Londres, le FTSE 100 cède 0,40%.

L'indice EuroStoxx 50 est en baisse de 0,47%, le FTSEurofirst 300 recule de 0,30% et le Stoxx 600 cède 0,28%.

Le guide suprême de la République islamique, Mojtaba Khamenei, considère que le stock iranien d'uranium hautement enrichi doit rester en Iran, a appris jeudi Reuters de deux sources iraniennes haut placées, ce qui marque un durcissement de la position de ​Téhéran face à l'une des principales exigences des Etats-Unis dans le cadre des négociations de paix.

Cette position pourrait compliquer encore davantage les négociations visant à mettre fin à la guerre que les États-Unis et Israël mènent contre l'Iran depuis fin février, qui se trouvent déjà dans une impasse dont la prolongation irrite les responsables de la politique monétaire, car ​les perturbations du trafic pétrolier alimentent les anticipations d'inflation à l'échelle mondiale.

Le durcissement de la position iranienne intervient alors que le Pakistan ⁠s'efforçait justement de relancer les pourparlers entre Washington et l'Iran et que Donald Trump a menacé mercredi de lancer de nouvelles attaques contre la République islamique si celle-ci ne parvenait pas à conclure un accord.

Outre leur incidence sur les prix, les ‌signes d'un impact sur la croissance économique se multiplient, comme en témoignent la vague de prévisions et de données publiée ce jeudi.

La Commission européenne a abaissé sa prévision de croissance économique pour 2026, citant le choc énergétique lié au conflit au Moyen-Orient, et prévoit désormais une croissance du produit intérieur brut (PIB) de la zone euro de 0,9% cette année, contre une précédente prévision établie en novembre de 1,2%.

Les indices PMI ​du mois de mai ont par ailleurs révélé que le secteur privé français s'est contracté à un rythme ‌jamais vu depuis fin 2020. Les données ne sont pas non plus encourageantes pour la zone euro, où l'activité économique s'est contractée à son rythme le plus rapide depuis plus ⁠de deux ans et demi.

PÉTROLE

Les prix du pétrole remontent, portés par les signes laissent penser qu'un accord entre les États-Unis et l'Iran pourrait être plus lointain que ne l'espèrent les investisseurs, ce qui entraînerait la poursuite des perturbations dans le détroit d'Ormuz.

Le Brent gagne 2,06% à 107,16 dollars le baril et le brut léger américain (West Texas Intermediate, WTI) prend 2,43% à 100,65 dollars.

Le directeur de la compagnie pétrolière nationale des Émirats arabes unis, ADNOC, a par ailleurs dit jeudi que le trafic pétrolier ne reprendrait pas pleinement dans le détroit ⁠d'Ormuz avant le premier ou le deuxième trimestre 2027, même ‌si le conflit au Moyen-Orient prenait fin dès maintenant.

LES VALEURS À SUIVRE À WALL STREET

Nvidia recule légèrement en avant-Bourse, signe que le géant des puces n'a pas tout à fait convaincu les investisseurs malgré des ⁠prévisions de chiffre d'affaires supérieures aux attentes pour le trimestre en cours.

Le titre a bondi de près de 20% depuis le début de l'année, mais le rythme de sa progression s'est ralenti, les investisseurs estimant que le groupe devra faire face à une concurrence plus ‌rude, non seulement de la part des géants de la technologie, mais aussi de ses concurrents dans le secteur des puces électroniques, notamment Intel et Advanced Micro Devices.

VALEURS EN EUROPE Ubisoft recule de plus de 18% après avoir publié une ⁠perte opérationnelle annuelle record, l'éditeur français de jeux vidéo en pleine réorganisation n'anticipant pas de rebond avant l'exercice 2027-2028.

Le groupe français de restauration collective Elior décroche également, perdant 26% au ⁠lendemain de la publication de ses résultats au premier semestre et ‌de la révision à la baisse de ses perspectives annuelles.

Ailleurs en Europe, Generali avance de 1,92%, le premier assureur italien ayant publié des résultats trimestriels supérieurs aux attentes et confirmé ses objectifs jusqu'en 2027.

Le secteur technologique européen est en repli (-1,22%), suivant la baisse attendue ​de Nvidia à l'ouverture de Wall Street alors que les résultats et prévisions meilleures que prévu du géant américain des semi-conducteurs et de l'IA n'ont ‌pas suffi aux investisseurs.

Les valeurs spatiales européennes bondissent après que SpaceX, la société du milliardaire américain Elon Musk, a déposé une demande d'introduction en Bourse, ce qui a redonné confiance à l'ensemble du secteur. L'opérateur de satellites français Eutelsat grimpe de 15% et l'allemand OHB de 9,8%.

TAUX

Les rendements des bons du ​Trésor américain reprennent leur remontée après les baisses enregistrées mercredi, qui s'est accentuée après que des sources iraniennes ont déclaré à Reuters que le Guide suprême estimait que l'uranium enrichi devait rester en Iran.

Le rendement des Treasuries à dix ans prend 3,7 points de base à 4,6074%. Le deux ans gagne près de 5 points de base à 4,0873%.

Les investisseurs restent préoccupés par l'absence de progrès concernant la réouverture du détroit d'Ormuz, ce qui nourrit les craintes d'inflation.

Le niveau élevé des rendements, qui ont atteint mardi leur plus haut niveau ⁠en 16 mois pour le bon du Trésor à dix ans, s'explique principalement par le fait que les opérateurs ont abandonné leurs paris antérieurs sur une baisse des taux d'intérêt par la Réserve fédérale (Fed) et s'attendent désormais à un resserrement de la politique monétaire cette année pour lutter contre la flambée des prix.

Selon l'outil FedWatch de CME, les marchés tablent sur une probabilité d'environ 40% que la Fed relève ses taux d'intérêt d'au moins 25 points de base d'ici la fin de l'année.

Dans la zone euro, où les opérateurs s'attendent à une hausse des taux en juin, le rendement du Bund allemand à dix ans avance de 1,2 points de base à 3,1062%, tandis que celui de l'obligation à deux ans gagne 3,4 points de base à 2,6818%.

CHANGES Le dollar gagne 0,23% face à un panier de devises de référence, retrouvant sa réputation de valeur refuge, les dernières informations concernant la position de l'Iran sur l'uranium enrichi refroidissant les espoirs d'un accord avec les États-Unis.

L'euro perd 0,22% à 1,1601 dollar.

PRINCIPAUX INDICATEURS ÉCONOMIQUES À L'AGENDA DU 21 MAI :

PAYS GMT INDICATEUR PÉRIODE CONSENSUS PRÉCÉDENT

USA 12h30 Inscriptions hebdomadaires au semaine au 210.000 211.000

chômage 16 mai

USA 12h30 Philly ​Fed mai 18,0 26,7

(Certaines données peuvent accuser un léger décalage)

(Rédigé par Diana Mandiá, édité par Augustin Turpin)

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